Le scandale SAAQclic : Acteurs clés
Liste des acteurs clés derrière le fiasco informatique d'un milliard de dollars du Québec. Toutes les personnes nommées sont présumées innocentes.
François Legault
Premier ministre du Québec— Le premier ministre qui dirigeait une province mais qui était incapable de diriger une réunion où quelqu'un dit « on a 222 millions de dépassements ».
C'est un gars dont le cabinet était au courant des risques de coûts de SAAQclic dès 2020. Son directeur de cabinet savait pour le trou de 222 millions $ en septembre 2022. Et quand François Legault s'est assis devant la Commission Gallant, le 2 septembre 2025, sa défense c'était — pis je vous jure que j'invente rien — « On aurait dû m'informer. » Le premier ministre du Québec, celui qui dirige des dizaines de ministres, des centaines de hauts fonctionnaires et un budget de plus de 140 milliards, est en train de nous dire que sa stratégie de gestion, c'était d'espérer que quelqu'un lui tape sur l'épaule. C'est pas de la gouvernance, ça. C'est un gars qui a dormi pendant toutes les alarmes d'incendie puis qui a blâmé le détecteur de fumée d'être pas assez fort.
Ça s'améliore. Sous les questions du procureur, Legault a confondu les coûts du projet avec les coûts du contrat. Le commissaire — un juge municipal, pas un comptable — a dû corriger le premier ministre. Denis Gallant devait se dire : « Moi je gère des contraventions de stationnement et je comprends mieux que lui. » C'est le moment exact où tu réalises que c'est pas un cover-up. Un cover-up, ça demande un minimum de compétence. Ici, c'est juste... rien. Un vacuum en veston-cravate.
Mais c'est quand vient le temps de distribuer le blâme que le vrai artiste apparaît. Legault a pointé du doigt ses propres ministres — Guilbault et Bonnardel. Il a dit qu'ils « auraient dû poser plus de questions ». L'homme dont la job au complet c'est de diriger ses ministres est en train de les blâmer de pas se diriger eux-mêmes. C'est comme un coach de hockey qui perd 9-0 puis qui dit aux journalistes : « Les joueurs auraient dû se coacher eux-mêmes. » T'es le boss, François. Si tes ministres posaient pas de questions, c'est ta faute.
Ma citation préférée de Legault dans toute cette affaire : « J'aime pas ça, ce que j'entends. » Dite en 2025, après des années à rien entendre, parce qu'apparemment les oreilles du premier ministre s'activent juste quand y'a une commission avec des caméras de télévision. Pendant cinq ans, le building était en feu et Legault était dans la pièce d'à côté en train de chialer contre le thermostat.
Et finalement — la pièce de résistance — il a qualifié SAAQclic d'« inacceptable ». Le premier ministre. Qui qualifie d'inacceptable un projet géré par son gouvernement, supervisé par ses ministres, financé par ses budgets. Il pense que c'est qui, le monde qui l'acceptait ? C'est sa signature sur les lettres de mandat. Si SAAQclic est inacceptable, la personne qui devrait trouver ça le plus inacceptable, c'est celle qui a laissé ça arriver — et cette personne-là est assise dans une très grande chaise sur la Grande Allée.
Mais c'est là que ça devient vraiment spécial — vous pourriez penser que SAAQclic, c'était un cas isolé. Mais François Legault fait pas ses fiascos au détail. Il les fait en gros. Prenez Northvolt — la compagnie suédoise de batteries que Legault a courtisée comme « le projet du siècle ». Le Québec a investi 510 millions $. Ils ont même accéléré l'évaluation environnementale. Le résultat ? Northvolt a fait faillite, l'investissement en équité de 270 millions $ s'est évaporé. Trois mille emplois promis. Zéro batterie. 270 millions $ partis en fumée.
Et parce qu'une catastrophe de méga-projet par mandat c'est apparemment pas assez, Legault pousse aussi pour un troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis — un hybride tunnel-pont dont les estimations de coûts vont de 5,3 milliards $ à 9,3 milliards $, et ça c'est avant les études environnementales et les expropriations. François Legault perd pas juste de l'argent sur des projets — il les collectionne.
Mais regardez — toutes les personnes nommées ici sont présumées innocentes. Très, très innocentes. Extraordinairement, presque héroïquement innocentes. Tellement innocentes qu'un milliard de dollars s'est évaporé et pas une seule personne au sommet du gouvernement du Québec s'en est apparemment aperçue. C'est soit un scandale de corruption, soit un scandale d'incompétence, et honnêtement, à ce prix-là, est-ce que la distinction a encore de l'importance ?
Faits documentés
- Chef du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ)
- A témoigné devant la Commission Gallant le 2 septembre 2025
- Affirme ne pas avoir été informé de l'explosion des coûts, rejetant la responsabilité sur la direction de la SAAQ
- Son cabinet aurait été informé des risques de coûts dès 2020
- Largement disculpé par le rapport Gallant (février 2026) — informé des dépassements par le PDG Éric Ducharme au printemps 2023, mais l'information manquait de contexte historique
Éric Caire
Ancien ministre de la Cybersécurité et du Numérique— Le ministre de la Cybersécurité du Québec qui était pas capable de sécuriser un fichier Excel de budget.
Voici la ligne du temps, parce que les lignes du temps, ça compte quand tu dépenses l'argent des autres. En juin 2022, Caire est informé des augmentations de coûts de SAAQclic. En septembre 2022, le dépassement a gonflé à 222 millions $. Et qu'est-ce que notre ministre de la Cybersécurité a fait avec ce renseignement critique ? Il a signé un arrêté ministériel permettant à la SAAQ de morceler le dépassement de 222 millions $ en plus petits morceaux — des morceaux qui n'avaient pas besoin d'être divulgués à l'Assemblée nationale. Il a signé ça neuf jours après avoir été informé. Neuf jours. C'est pas un temps de réponse, ça. C'est un speedrun.
L'élection de 2022 est arrivée puis repartie. Les électeurs du Québec ont voté dans la bienheureuse ignorance que SAAQclic saignait de l'argent comme une machine à sous au Casino de Montréal. Et Caire ? Il a gagné son siège dans La Peltrie. La démocratie en action.
On avance jusqu'en février 2025. La vérificatrice générale sort son rapport, et soudainement le monde entier sait ce que Caire savait depuis des années. Est-ce qu'il se bat ? Est-ce qu'il s'explique ? Non. Il démissionne. Son explication — pis c'est une citation directe — « Il n'y a pas une job qui vaut ça. » Noble. Émouvant, même. Sauf que — pis c'est la partie que j'aime le plus — il est pas vraiment parti. Il a démissionné comme ministre mais il est resté comme député. Toujours en train de collecter son salaire. « Y'a pas une job qui vaut ça » veut apparemment dire « y'a pas une job de ministre qui vaut ça, mais la paye de backbencher ? Ça, je prends ».
Le PLQ a dit que Caire s'était « fait prendre la main dans le sac ». La Presse a publié une chronique avec le titre « En cas de problème, redémarrez ». La joke informatique s'écrit toute seule. Quoique, pour être juste envers le dépannage informatique, éteindre et rallumer, ça marche des fois. La stratégie de Caire, c'était plus comme débrancher le serveur, le cacher dans un placard, puis espérer que personne remarque que le site est down.
Et qu'est-ce que Legault a dit à propos de son ministre déchu ? « C'était une distraction, et je suis d'accord avec ça. » François Legault — un homme qui soutient ses collègues de la même façon qu'un chauffeur de getaway soutient un braquage de banque : techniquement présent, mais prêt à décalisser au premier signe de trouble.
Mais y'a un épilogue à cette histoire qui est presque trop beau. Des rapports suggèrent que Legault a gardé Caire au cabinet en partie par peur qu'Éric Duhaime — le chef du Parti conservateur — le recrute. Sauf que Duhaime s'était déjà fait demander à propos de cette possibilité-là et l'avait rejetée. Il avait dit que c'était en dessous de lui. Quand le chef d'un parti avec zéro siège pense que t'engager baisserait ses standards, c'est peut-être le temps de mettre ton LinkedIn à jour.
Présumé innocent, évidemment. Juste un ministre qui savait à propos d'un dépassement de 222 millions $, qui a signé de la paperasse pour le cacher avant une élection, qui a démissionné quand c'est sorti, puis qui a continué à encaisser ses chèques de député. Au Québec, on appelle ça un mardi.
Faits documentés
- A démissionné le 27 février 2025 à la suite du rapport de la vérificatrice générale
- A été informé des augmentations de coûts dès juin 2022
- A signé un arrêté ministériel permettant à la SAAQ de morceler le dépassement de 222 millions $ pour éviter la divulgation avant l'élection de 2022
- Est demeuré député de La Peltrie après sa démission
- A déclaré avoir démissionné pour éviter d'être « une distraction » pour le gouvernement
François Bonnardel
Ancien ministre des Transports— L'homme avec un « indice de bullshit assez fort » qui baignait dedans jusqu'à la taille sans rien sentir.
Bonnardel était ministre des Transports de 2018 à 2022 — la période exacte où SAAQclic est passé de « projet informatique gouvernemental ambitieux » à « le site web le plus cher de l'histoire du Canada ». Et pendant ces quatre années-là, selon son propre témoignage, il a jamais discuté de l'avancement de SAAQclic avec ses collègues du cabinet, avec le ministre des Finances, ou avec quiconque en position de faire quelque chose.
Sa défense — pis c'est là que ça devient véritablement divertissant — c'est qu'il a été « berné ». Floué. Roulé dans la farine. Par qui ? Par deux PDG et le conseil d'administration de la SAAQ. Le ministre responsable de la surveillance d'un organisme prétend que cet organisme l'a trompé. C'est comme un sauveteur qui dit qu'il s'est fait avoir par la piscine. T'es censé surveiller. C'est littéralement ta seule job.
Mais la vraie vedette de l'histoire Bonnardel, c'est pas Bonnardel lui-même. C'est sa directrice de cabinet, Véronik Aubry. Sous serment, Aubry a admis qu'elle avait supprimé des avertissements des documents officiels avant qu'ils atteignent les parlementaires. Ses mots exacts : « J'ai préféré que cette information soit retirée. » Elle a préféré. Comme si c'était une question de goût. « Je préfère mon café noir, mes fins de semaine tranquilles, et mes breffages parlementaires dépourvus de toute information qui pourrait alarmer les élus à propos du milliard de dollars qui disparaît des coffres publics. »
La réponse du commissaire Gallant était mesurée mais dévastatrice : « J'ai un sérieux problème avec ce que j'ai vu, notamment en ce qui concerne l'information qui se rend aux élus. » Quand un juge dit qu'il a « un sérieux problème » avec ta conduite, c'est l'équivalent judiciaire d'une alarme cinq étoiles.
Et le bureau de Bonnardel savait. Ils savaient à l'hiver 2021 que les parlementaires n'avaient pas été informés des coûts réels. Ils savaient que les chiffres présentés publiquement étaient incomplets dans le meilleur des cas, fictifs dans le pire. Puis ils ont rien fait. Le gars avec le fameux fort indice de bullshit avait du staff qui filtrait activement le bullshit hors des documents pour que les indices de bullshit de personne d'autre se déclenchent. C'est pas un cover-up — c'est un service de curation.
Présumé innocent, évidemment. Juste un homme debout au milieu d'un building en feu, en train de dire à tout le monde qu'il pensait que quelqu'un d'autre surveillait le poêle.
Faits documentés
- Ministre des Transports pendant des périodes clés du projet
- A témoigné devant la Commission Gallant
- Des questions ont été soulevées sur ce qu'il savait et quand
- « Assez bien » disculpé par le rapport Gallant (février 2026) — n'a appris le coût total du projet (682 M$) qu'à l'hiver 2021
Karl Malenfant
Ancien vice-président aux technologies de l'information, SAAQ— L'Architecte du chaos — et de toute évidence, il est fier des plans.
Avant SAAQclic, Karl Malenfant dirigeait un gros projet informatique chez Hydro-Québec. Comment ça s'est passé ? Ben, ça a été publiquement décrit comme un « fiasco ». Dépassements de coûts de 50 %. 154 millions $. Il s'est fait montrer la porte. C'est pas contesté. Et quand la SAAQ l'a engagé en 2013 pour diriger sa transformation numérique ? Ils ont pas vérifié. Nathalie Tremblay a témoigné : « On savait pas. » Vous saviez pas. Vous avez engagé le gars pour superviser des centaines de millions de dollars en contrats publics et vous l'avez pas googlé. L'information était à une recherche.
Fait que Karl arrive à la SAAQ, et qu'est-ce qu'il fait ? Selon les témoignages, il a manipulé les indicateurs de performance — virant les rouges en verts comme un feu de circulation qui montre juste ce que le conducteur veut voir. Karl Malenfant a pas juste conduit le char dans le fossé — il a repeinturé le bord de la falaise pour que ça ressemble à l'autoroute.
Ensuite, y'a la sélection des fournisseurs. Son ancienne collègue Sylvie Chabot a témoigné que Malenfant décidait lui-même les critères de sélection, et que les contrats étaient — par une remarquable coïncidence — fréquemment remportés par ses anciens collègues. « Ce que Karl veut, Karl l'a. »
En 2020, Malenfant a signé un règlement secret au nom de la SAAQ couvrant plus de 800 000 heures de déficit de main-d'œuvre. C'est 91 années de travail à temps plein qui ont été facturées mais pas livrées. Karl a signé pour régler ça en catimini, le genre de discrétion qu'on associe normalement aux ventes d'armes internationales, pas aux logiciels d'assurance automobile.
Mais le moment le plus révélateur est peut-être arrivé à la Commission Gallant, où Karl a été contredit par la preuve documentaire sur quelque chose de complètement évitable. Il a témoigné qu'il avait jamais accédé aux soumissions des fournisseurs. La Commission a ensuite présenté des courriels montrant qu'il avait transféré la soumission de Deloitte à son courriel personnel.
Sa réponse à tout ça ? Un PowerPoint de 1 200 pages pour sa défense. Mille deux cents pages. C'est pas une présentation — c'est un acte d'agression envers le concept de concision. Si t'es pas capable d'expliquer ton innocence en moins de pages que Guerre et Paix, t'es peut-être pas innocent.
Karl Malenfant a grandi à Amqui, semble-t-il « dans la ouate et le bonheur ». Il est devenu le professionnel en TI le plus cher de l'histoire du Québec. Et sa philosophie ? « La simplicité, c'est là que tout le monde se perd. » Son argument, c'est que la complexité est une vertu. Il a pas tort que SAAQclic est complexe — c'est le gaspillage de fonds publics le plus complexe de l'histoire provinciale. Mission accomplie, j'imagine.
Présumé innocent, naturellement. Présumé tellement innocent que La Presse a eu besoin de quatre volets pour décrire ce qu'il aurait supposément pas fait. Juste un gars d'Amqui, avec un PowerPoint de 1 200 pages, un courriel personnel plein de soumissions de fournisseurs qu'il a jamais vues, et la conviction profonde que le vrai problème, c'est que personne d'autre est assez brillant pour le suivre.
Et puis, en février 2026, cinq jours avant la publication prévue du rapport de la Commission Gallant — un rapport qui contient 48 allégations contre lui — Karl Malenfant a fait quelque chose de remarquable. Il a tenu une conférence de presse. Une conférence de presse préventive. La plupart du monde attend le rapport avant de se défendre. Karl, lui, il se défend avant que l'attaque arrive. C'est comme un joueur de hockey qui plonge avant que l'autre le touche — sauf qu'ici, l'autre joueur a 48 rondelles.
Et il est pas venu les mains vides. Karl a publié un document de 112 pages intitulé « Les huit piliers de la vérité ». Huit piliers. De la vérité. C'est quand même une amélioration de 90 % par rapport au PowerPoint de 1 200 pages — félicitations Karl, on approche de la concision. Patrick Lagacé a qualifié sa défense d'« ésotérique » — un homme qui demande au public de choisir « la foi plutôt que la preuve concrète ». Et dans ce document qui prétend incarner la vérité radicale, Karl cite des sources anonymes. Des sources anonymes dans un document intitulé « Les piliers de la vérité ». C'est comme construire un phare en carton — ça a la forme, mais ça éclaire rien.
À sa conférence de presse, Karl a déclaré — pis c'est une citation directe — « Je ne suis dans aucune conspiration. » Donc résumons : un gars avec 48 allégations, un document de 112 pages pour se défendre avant que les accusations soient officiellement publiées, un ancien PowerPoint de 1 200 pages, un courriel personnel plein de soumissions de fournisseurs qu'il a jamais vues, un congédiement chez Hydro-Québec dont son employeur suivant a pas vérifié l'existence, et la conviction inébranlable que quiconque le questionne est tout simplement pas assez intelligent pour le comprendre. Il conspire pas. Il est juste au centre d'un cercle de coïncidences qui mesure 1,1 milliard de dollars de diamètre.
Faits documentés
- Figure centrale du scandale
- A signé le règlement confidentiel de 2020 au nom de la SAAQ
- Accusé d'avoir manipulé les indicateurs de performance (passant du « rouge » au « vert »)
- A précédemment dirigé un projet chez Hydro-Québec qualifié de « fiasco » avec des dépassements de coûts de 50 % (154 millions $) et qui a mené à son congédiement
- La SAAQ affirme ne pas avoir été au courant de son historique lors de son embauche en 2013
- Aurait influencé les critères de sélection des fournisseurs pour favoriser d'anciens collègues
- Fait l'objet de 48 allégations spécifiques à la Commission Gallant
- A publié un document de 112 pages intitulé « Les huit piliers de la vérité » et tenu une conférence de presse 5 jours avant la publication prévue du rapport Gallant
- Particulièrement blâmé par le rapport Gallant (février 2026) — sa « forte personnalité » a écarté les contrôles internes, qui ont été « discrédités » ou « minés »
Une ancienne collègue a témoigné : « Ce que Karl veut, Karl l'a »
Autres intervenants
Responsables gouvernementaux
Sonia LeBel
Présidente du Conseil du trésor
- A témoigné devant la Commission Gallant
- A fait face à des questions sur la surveillance gouvernementale
Direction de la SAAQ
Nathalie Tremblay
Ancienne présidente-directrice générale de la SAAQ
- A témoigné devant la Commission Gallant en septembre 2025
- A défendu sa gestion du projet
- Affirme qu'elle ignorait les échecs passés de Karl Malenfant chez Hydro-Québec lors de son embauche
- A témoigné qu'on lui avait demandé le coût du contrat (458 M$), pas le coût total du projet (682 M$)
Éric Ducharme
Ancien président-directeur général de la SAAQ
- Réaffecté en juillet 2025
- Critiqué à la Commission Gallant
- A tenté sans succès de séparer la SAAQ de l'Alliance LGS/SAP
Sylvie Chabot
Ancienne directrice de la gestion contractuelle, SAAQ
- A témoigné devant la Commission Gallant
- A révélé que Malenfant décidait lui-même des critères de sélection des fournisseurs
- A déclaré que les contrats étaient souvent remportés par d'anciens collègues de Malenfant
Commission et enquêteurs
Denis Gallant
Commissaire, Commission Gallant
- Juge de la Cour municipale du Québec
- Nommé le 24 mars 2025 pour diriger l'enquête publique
- A présidé 75 jours d'audiences avec 131 témoins
- A déposé son rapport final de 826 pages le 16 février 2026
« Toutes les pierres ont été soulevées, comme je vous l'avais promis »
Guylaine Leclerc
Vérificatrice générale du Québec
- A publié le rapport dévastateur de février 2025 qui a déclenché le scandale
- A conclu : « Ce n'est certainement pas un succès »
- Son mandat de 10 ans s'est terminé le 15 mars 2025
- Le rapport sur SAAQclic était son dernier audit majeur
Simon Tremblay
Procureur en chef, Commission Gallant
- A mené les interrogatoires des témoins
- A calculé que le total des avenants aux contrats atteignait 797 millions $ (contre 458 millions $ initialement)
Secteur privé
LGS (filiale d'IBM)
Entrepreneur principal
- Entreprise québécoise de services informatiques, filiale d'IBM
- Membre de « l'Alliance » avec SAP
- A remporté le contrat de 458,4 millions $ en 2017
- A reçu plus de 110 millions $ en contrats supplémentaires en novembre 2024
- A dû faire appel à des ressources de l'Inde en raison de la pénurie de spécialistes SAP francophones au Québec
SAP Canada Inc.
Fournisseur de logiciels
- Éditeur allemand de logiciels d'entreprise
- A fourni le progiciel de gestion intégré (PGI) principal
- A participé à la définition des besoins du projet avant l'appel d'offres (conflit d'intérêts)
- A donné de la formation aux employés responsables de rédiger l'appel d'offres
- Des pans de SAAQclic appartiennent toujours à SAP
CGI
Soumissionnaire perdant
- Entreprise québécoise de services informatiques
- Partenaire d'Oracle pour la soumission
- A offert 323,5 millions $ — 29 % moins cher que la soumission gagnante
- Éliminée avant l'ouverture des enveloppes de prix
- Comptait 7 000 employés travaillant en français au Québec
- Certains membres du comité de sélection auraient montré un biais contre CGI/Oracle
Représentants syndicaux
Christian Daigle
Président, SFPQ
- Syndicat représentant les employés de la SAAQ
- A qualifié les échecs de SAAQclic de « prévisibles »
- A souligné l'arriéré de 430 000 transactions créé par la fermeture de 3 semaines avant le lancement
Opposition politique
Paul St-Pierre Plamondon
Chef, Parti Québécois
- A qualifié la situation de « corruption » compte tenu des 1,2 milliard $ de dépassements
- A critiqué le fait que « personne ne se souvient de rien »
Parti libéral du Québec (PLQ)
- A qualifié SAAQclic de « scandale caquiste »
- A demandé une enquête publique
- A dit que Caire s'est « fait prendre la main dans le sac »
Québec solidaire (QS)
- A comparé l'affaire au « scandale des commandites » fédéral
- A demandé une enquête publique
Pour les détails sur l'enquête publique, voir Commission Gallant