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SAAQcroche

Rapport Gallant : Les révélations

Le 13 février 2026, le commissaire Denis Gallant a déposé son rapport final de 826 pages — le fruit de 75 jours d'audiences, 129 témoins et plus de 3 millions de documents analysés. Le verdict est accablant : la direction de la SAAQ a menti pendant près de dix ans, les coûts ont été systématiquement camouflés, et un réseau de copinage a contaminé le programme CASA dès ses origines.

375 M$ → 620 M$

Explosion budgétaire du contrat Alliance

458 M$

Contrat initial Alliance

3 M+

Documents analysés

129

Témoins entendus

26

Recommandations

Livraison 3

Annulée entièrement

La conclusion la plus explosive du rapport se trouve au chapitre 11 : la direction de la SAAQ n'a pas simplement omis des informations — elle a délibérément menti.

  • Menti aux parlementaires de la Commission de l'administration publique (mai 2020 et mars 2021)
  • Menti aux ministres et à leurs cabinets
  • Délibérément menti dans ses redditions de comptes officielles
  • Fait preuve d'une « transparence fluctuante » envers les élus
  • Maintenu le gouvernement dans l'ignorance sur l'état réel du programme

Le rapport détaille comment les dépassements de coûts ont été systématiquement dissimulés :

  • Budget du contrat Alliance passé de 375 M$ à 620 M$, avec des jalons intermédiaires soigneusement cachés
  • Réallocations fréquentes de fonds à l'intérieur du contrat Alliance pour brouiller les pistes
  • Stratégie de multiples petits avenants pour éviter les seuils de transparence
  • Premier avenant de 45,7 M$ passé en douce (novembre 2022)
  • La VG a conclu que les coûts ont augmenté de près de 500 M$ au total
  • Exemptions réglementaires de 2014 maintenues bien au-delà de 2018
  • Programme délibérément fragmenté pour esquiver les obligations de reddition de comptes
Vouée à le réaliser à tout prix

Le rapport cartographie un réseau de relations personnelles qui a infiltré le programme CASA depuis ses origines :

  • La Figure 9 du rapport trace les liens de Karl Malenfant de 1994 à 2017 — d'Hydro-Québec (projet SIC) jusqu'à la SAAQ
  • Contrats de gré à gré accordés à Madeleine Chagnon et Louise Savoie, proches de Malenfant
  • Appel d'offres P23365 : les conjoints de soumissionnaires recrutés dans l'équipe
  • Multiplication des contrats de gré à gré à d'anciens collègues
  • La Commission a refusé le statut de participant à Karl Malenfant

Le rapport révèle que la solution technologique n'a jamais été validée :

  • La SAAQ n'a jamais vérifié qu'un PGI (progiciel de gestion intégré) était approprié pour ses besoins
  • Seul SAP a été sérieusement considéré — positionnement mono-fournisseur
  • Le processus d'acquisition n'a pas favorisé la libre concurrence
  • « Surenchère d'innovations » — la SAAQ voulait tout faire en même temps
  • « Trop vaste, trop ambitieux, mis en œuvre trop rapidement »

Le lancement de février 2023 est décortiqué dans ses moindres détails :

  • Points de service fermés 3 semaines avant le lancement pour la « bascule »
  • Approche de déploiement « big bang » choisie malgré les risques identifiés
  • Tests non complétés, qualité insuffisante
  • Portée des tests réduite pour respecter l'échéancier
  • Première semaine : « préouverture difficile »
  • Deuxième semaine : « Une deuxième semaine désastreuse »
  • Files d'attente à partir du 27 février par temps glacial
  • Le Service d'authentification gouvernementale (SAG) a aussi flanché
  • Guilbault a écourté un voyage en Europe pour gérer la crise
  • Caire « a rejeté toute responsabilité et blâmé la SAAQ »
Le laisser-aller gouvernemental face à l'insubordination de la SAAQ

Le rapport décrit une défaillance systémique de la gouvernance :

  • Vérification interne minée puis discréditée
  • Direction juridique insuffisamment impliquée
  • Direction de la gestion contractuelle écartée
  • Aucun programme de qualité (PQP) en place
  • Gouvernance centralisée, mentalité du « à tout prix »
  • Banalisation des règles de gestion contractuelle

Le commissaire Gallant formule 26 recommandations pour éviter qu'un tel fiasco ne se reproduise. Parmi les plus marquantes :

  1. Créer une entité centralisée de transformation numérique
  2. Resserrer les règles de gouvernance des sociétés d'État
  3. Plafonner les coûts de projets et la durée des contrats
  4. Réformer les lois sur les contrats publics
  5. Garantir l'indépendance des vérificateurs
  6. Renforcer les organismes de surveillance institutionnels (AMP, etc.)
  7. Réformer la législation sur les commissions d'enquête
  8. Protéger les témoins contre les représailles

Le dépôt du rapport a provoqué une onde de choc à l'Assemblée nationale et au-delà.

Denis Gallant, commissaire

Le commissaire a aussi invité le Québec à avoir « le courage de la transparence » et recommandé la création d'une « tiger team » — une entité centralisée d'expertise numérique au sein de l'État.

François Legault, premier ministre

  • Blâme les libéraux : « là où le problème a commencé, c'est quand le contrat a été donné à une firme externe, c'était en 2017, sous un gouvernement libéral »
  • Réitère n'avoir « jamais, jamais été informé que le coût révisé total du projet SAAQclic était rendu à 1,1 milliard »
  • Dit regarder les recours judiciaires possibles contre les dirigeants de la SAAQ qui ont menti

Christine Fréchette, candidate à la chefferie de la CAQ

Parti libéral du Québec

Québec solidaire

M. Bouazzi a qualifié l'affaire de « hold-up » : « Il faut comprendre la quantité d'argent : c'est comme dépenser 200 000 $ par semaine pendant dix ans. »

Parti québécois

Voir aussi : Commission Gallant — l'enquête qui a mené à ce rapport

Les extraits cités proviennent du rapport officiel de la Commission d'enquête sur le programme CASA-SAAQclic. Ce site en propose une lecture satirique.

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