Commission d'enquête sur la gestion de la modernisation des systèmes informatiques de la Société de l'assurance automobile du Québec
Annoncée : Mars 2025
Commissaire nommé : 24 mars 2025
Commissaire : L'honorable Denis Gallant, juge de la Cour municipale du Québec
La Commission a été établie pour enquêter sur :
Les défaillances du programme de transformation numérique CASA
L'implantation de la plateforme SAAQclic
Les dépassements de coûts d'au moins 500 millions $
Les décisions de gestion et la reddition de comptes
Les pratiques de gestion contractuelle
Le flux d'information vers les décideurs et les élus
Date
Événement
24 mars 2025
Le juge Denis Gallant nommé commissaire
24 avril 2025
Déclaration d'ouverture du commissaire
28 avril - 1er mai 2025
Première semaine d'audiences publiques
Juin 2025
Commission prolongée; nouveau délai fixé au 15 décembre 2025
2 septembre 2025
Le premier ministre François Legault témoigne
15 septembre 2025
L'ancienne PDG Nathalie Tremblay témoigne
24 octobre 2025
Les audiences publiques prennent fin
Novembre 2025
Délai du rapport prolongé au 13 février 2026
13 février 2026
Date limite finale pour le dépôt du rapport
16 février 2026
Dépôt du rapport final de 826 pages à Québec
300 000
Pages de documents
131
Témoins entendus
7 016 527 $
Coût de la commission
Indicateur
Nombre
Jours d'audiences
75
Témoins entendus
131
Courriels analysés
400 000
Documents examinés
300 000
Pages du rapport
826
Coût total
7 016 527 $
Ventilation des coûts[33]
Catégorie
Montant
Personnel (rémunération)
4 785 709 $
Diffusion en ligne
1 198 705 $
Autres dépenses
1 032 113 $
Témoins clés
Responsables gouvernementaux
François Legault - Premier ministre du Québec, Geneviève Guilbault - Ministre des Transports, François Bonnardel - Ancien ministre des Transports, Éric Caire - Ancien ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Sonia LeBel - Présidente du Conseil du trésor, Christian Dubé - Ministre
Dirigeants de la SAAQ
Nathalie Tremblay - Ancienne présidente-directrice générale, Éric Ducharme - Ancien président-directeur général, Karl Malenfant - Ancien VP technologies de l'information, Trois anciens PDG de la SAAQ au total
Autres témoins notables
Ancien chef de cabinet de Legault (a témoigné avoir été averti des dépassements de coûts en 2020), Directeurs de la gestion contractuelle de la SAAQ, Représentants de LGS/IBM, Représentants de SAP, Représentants des firmes de consultants ayant émis des avertissements
Révélations clés
Manipulation des coûts
Les indicateurs de performance ont été délibérément changés du « rouge » au « vert »[5]
Le dépassement de 222 millions $ a été morcelé en montants plus petits pour éviter les seuils de divulgation
Les véritables coûts cachés au conseil d'administration et aux élus[25]
Problèmes contractuels
CGI offrait de réaliser le projet pour 29 % moins cher (135 millions $ de moins)[31]
La soumission de CGI n'a jamais été ouverte — éliminée avant l'évaluation des prix[50]
SAP a participé à la définition des besoins du projet avant l'appel d'offres (conflit d'intérêts)[11]
Certains membres du comité de sélection auraient montré un biais envers SAP[53]
Échecs techniques
20 % des tests d'intégration n'ont pas été complétés avant le lancement
Plusieurs firmes de consultants avaient averti des risques, mais les avertissements ont été ignorés
IBM avait averti que le projet était « trop gros, trop ambitieux, trop rapide » en 2019
Des développeurs non familiers avec les opérations de la SAAQ ont été recrutés de l'étranger[30]
Échecs de gestion
Informations cachées aux décideurs[25]
Conseil d'administration induit en erreur sur l'état du projet
Absence de reddition de comptes pour les dépassements de coûts
Dépendance continue envers des entrepreneurs défaillants
Déclaration du commissaire
À la clôture des audiences, le commissaire Denis Gallant a déclaré :
Il a décrit la commission comme « l'une des commissions d'enquête les plus rapides de l'histoire récente du Québec » compte tenu du volume de preuves analysées.[36]
Impact
La Commission Gallant a :
Exposé des défaillances systémiques dans la gestion des projets informatiques gouvernementaux
Révélé une possible inconduite de hauts responsables
Déclenché une enquête criminelle de l'UPAC[8]
Créé une pression politique à l'approche de l'élection provinciale de 2026
Mené à des appels à la réforme de la surveillance des contrats publics
Rapport
Le rapport final de 826 pages a été déposé le 16 février 2026 à Québec.[49]
Principales conclusions du rapport :
La SAAQ a menti aux parlementaires, aux ministres et à leur cabinet pendant près de 10 ans sur les coûts et l'avancement du projet, par des mises à jour parlementaires « hypocritement rassurantes »
Karl Malenfant particulièrement blâmé — sa « forte personnalité » a écarté les contrôles internes, qui ont été « discrédités » ou « minés »
Le conseil d'administration de la SAAQ a reçu suffisamment d'information aux moments critiques mais a failli à agir
Le premier ministre Legault et la ministre Guilbault largement disculpés — informés par le PDG Éric Ducharme au printemps 2023, mais sans contexte historique
L'ancien ministre Bonnardel « assez bien » disculpé — n'a appris le coût total du projet (682 M$) qu'à l'hiver 2021
Le programme était « trop gros, trop ambitieux, développé trop rapidement »
La dépendance envers un fournisseur unique (consortium LGS/SAP « l'Alliance ») a créé une vulnérabilité aux dépassements de coûts
Le premier avenant intentionnellement fixé à 45,7 M$ « pour éviter la publication »
Les bénéfices du programme « fondaient comme neige au soleil »
Pour les informations sur les enquêtes criminelles, voir Enquêtes